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La Violence       J’ai choisi de parler de la violence au lieu de parler directement de la colère. Par violence, tous savent qu’il s’agit d’un mal qui est fait à soi-même ou à autrui.  Mais, quand est-il des explications? Et, surtout, comment surmonter et vaincre la violence? Comme toute chose, il faut en comprendre sa nature afin de bien y mettre fin.  La violence est une expression, ayant une fonction souvent bien précise mais non pas universelle.  On ne peut pas généraliser le sens que prend une forme de violence aux autres formes de violence. 

Quand on cherche à aider une personne victime de violence, il y a plusieurs variables à considérer.  Le contexte demeure toujours une variable à retenir dans l’évaluation des comportements violents. La forme de violence, l’intensité de cette violence, l’impact de cette violence, les caractéristiques de l’agresseur et les caractéristiques de l’agressé, l’élément déclencheur ou si l’on veut les circonstances précises ayant mené aux gestes ou paroles violentes. 

     Qu’est-ce qui entraine la violence?  Est-ce la présence d’une émotion de colère? Est-ce la présence d’une attitude égocentrique? Est-ce la recherche d’un plaisir sadique ou d’une moralité malsaine?  La violence envers autrui a un seul but, soit : de dominer.  Il ne faut pas confondre colère et violence. Alors que la colère est saine, l’agressivité, c’est-à-dire l’acte verbale ou non-verbale d’infliger un certain tort à autrui ou à l’environnement ou même à soi-même est destructeur. Certains auteurs parleront d’une pulsion agressive, ou même de l’agressivité en termes de pulsion, qui s’avèrerait saine dans la mesure qu’elle soit bien canalisée.  Mais, pour éviter tout malentendu, j’utiliserai donc les termes violence ou agression, au lieu de parler d’agressivité.  Ce qui est à retenir c’est que, par définition, la violence est immorale.

     L’impact de la violence est important.  Je distingue le sens du mot "impact" du mot "conséquence".  On entend par « impact » la présence de plusieurs conséquences.  Ainsi, tous savent que la violence n’entraine pas uniquement que des dommages physiques, mais aussi des conséquences importantes au niveau psychologique, économique, voire morale.  Pour moi, les iniquités et les injustices sont des exemples de violence morale.      Comment traiter la violence?  Pour commencer, il existe une première façon de catégoriser la violence : la violence physique versus la violence relationnelle (Isabelle Beaudoin, 2006). La première façon est davantage observable, concret, mesurable dans le temps et l’espace alors que la deuxième est plus sournoise, subtile, moins évidente à observer.  Ensuite, on peut parler d’abus, soit d’abus psychologique, d’abus physique, d’abus économique, abus émotive, sans oublier l’abus sexuel.  


La violence s’exprime par de nombreuses façons, par exemples :
-Madame qui se fait constamment rabaisser par son mari « t’es rien sans moi »;
-Monsieur qui frappe à coup de ceinture ses enfants;
-L’Ado qui se prostitue pour sa drogue;
-Le jeune qui vole au dépanneur;
-Madame qui dépense de façon effrénée les revenus familiaux sur des vêtements pour elle-même sans considération des besoins de la famille
-L’intimidation, le taxage, les menaces vécu à l’école par un jeune
-L’Aliénation de l’employé par d’autres employés ou par l’employeur
-L’harcèlement psychologique ou émotionnel au travail     

Selon l’acte de violence, on peut y trouver un ou plusieurs fonction, par exemple : monsieur qui rabaisse sa femme, cherche soit à exprimer qu’il est important, soit de nommer qu’il a besoin d’elle.  Mais, comme on peut voir, sa façon de s’y prendre est mauvaise, ne lui rapportant pas les résultats souhaités.  Réalise-t-il que ses propos ont pour effet d’instaurer des conditions d’aliénation où l’autre est amenée à avoir peur de le quitter, sous prétexte qu’elle serait sans argents.  L’aliénation est souvent sous-estimée aussi dans les milieux de travail.      

Qu’est-ce qu’on entend par Aliénation?  Karl Max nommait dans Les Manuscrit de 1844 « l’exploitation de l’homme par l’homme », afin d’expliquer sa compréhension de l’utilisation du terme aliénation.  Les formes d’exploitation peuvent être observables, mesurables et évidentes dans le temps; mais des fois elles sont au contraire cachées. Être aliéné signifie que l’on devient soumis, assujettie, qu’on perd l’esprit critique, sa liberté, au détriment d’un conformisme imposé par un petit nombre de personnes.  L’aliénation est l’acte de réduire toute marge de manœuvre d'une personne, l'empêchant de se sentir libre d’être et de s’exprimer ou s’expliquer. Quelqu’un qui se fait aliéner, se voit constamment réfuté dans ses idées, sans fondement valable, qui se voit moqué, dénigré dans sa valeur propre.  On aliène lorsqu’on discrédite souvent les idées ou même les efforts d’une personne qui cherche à prendre sa place au sein d’un groupe, sans même lui permettre de s’exprimer.  Ainsi, l’aliénation s’apparente à l’abus émotionnelle ou psychologique, mais elle est plus sournoise, car plus difficile à prouver.  

L’abus psychologique ou émotionnelle peut s’observer par des phrases ou des gestes malsaines qui sont véhiculées; mais l’aliénation exige de démontrer que l’agresseur court-circuite (intentionnellement ou non) les occasions pour un autre de prendre sa place de façon raisonnable.      Tel que le syndrome de l’aliénation parentale (SAP), introduite par Richard A. Garder (1985), l’aliénation de l’employé passe par les mêmes structures.  Plusieurs auteurs critiques l’existence même de l’aliénation parental, mais d’autres la défendent.  Dans l’aliénation parentale, on constate qu’un parent tente de programmer l’esprit des enfants pour qu’ils soient hostiles ou du moins difficile à l’endroit de l’autre parent d'entretenir de bonnes relations avec son enfant.  De même, on peut observer comment certains employés s’arrangent soit pour bien réunir un petit clic de gens afin de rendre la vie difficile pour un autre employé.  Parfois même, on constate un employeur qui s’embarque dans ce jeu malsain car il désire maintenir son autorité et n’ose pas trop questionner, voire critiquer la moralité des allégations ou tactiques des employés.  Parfois même l’employeur est l’instigateur de ces tactiques d’aliénations.    
L’employé qui se fait constamment critiquer par son collègue ou son boss, ou les deux, sans avoir le droit de se défendre, de s’exprimer, vit du harcèlement psychologique dont le résultat sera son aliénation. Ainsi, quand peu importe ce qu’il fait, peu importe le temps qu’il investit au travail et que ce n’est jamais assez bon ou satisfaisant, que la peur l’envahit, qu’il sent qu’il ne fait que marcher sur des œufs, c’est à ce moment-là que l’employé doit cesser de travailler dans ce milieu néfaste.       Il s’agit d’un bel exemple de comment quelqu’un peut développer un « burn-out » ou en français, on dit « épuisement professionnel ».  Et même, on en est venu à parler de « trouble d’adaptation », qui renvoi davantage aujourd’hui le problème sur les épaules de l’employé.  Alors qu’auparavant on parlait de « burn-out » pour souligner que la chandelle est éteinte car la personne n’a pas plus de mèche à bruler, on est rendu avec le terme « trouble d’adaptation » qui peut suggérer pour plusieurs que les difficultés de l’employé sont issues d’une insuffisance de sa part, et non pas du milieu ou de l’environnement de travail.  Ainsi, malgré toutes les coupures budgétaires et les surcharges de travail qui augmentent, si l’employé n’y arrive pas c’est de sa « faute. »  

Comment aider quelqu’un qui vit de la violence?
-Prendre le temps de comprendre sa situation, le contexte
-Évaluer l’intensité, l’impact, la cause de cette violence    
-S’agit-il d’un événement situationnel ou d’événements chroniques
-Vérifier ce qu’elle a fait jusqu’à maintenant pour contrer cette violence
-Vérifier sa perception de la qualité de ses efforts
-Vérifier si elle aurait vécu d’autres situations similaires dans le passé
-Évaluer les capacités de la cliente à contrer cette violence
-Évaluer les forces et les ressources de la cliente
​-Évaluer les points à améliorer chez la cliente
-Vérifier ce que la victime souhaite comme résultats 
-Évaluer la motivation à changer afin d’obtenir des résultats souhaités (voir Prochaska & Di Clementi, 1982).  
-Évaluer le sentiment d’efficacité personnelle face à ses habiletés de corriger ce qui s’impose (voir Albert Bendura, 2003, théorie de l’auto-efficacité personnel).

Comment aider quelqu’un qui est violent? La violence se distingue de la colère en ce que la première est une action qui est en soi un tort commis tandis que la colère est une émotion.  La colère peut être positive ou négative dépendamment de comment on la gère.  Elle peut donner lieu à une affirmation saine mais elle peut aussi donner lieu à la violence.  Il faut donc mieux comprendre la colère pour comprendre la violence.  Qu’est-ce que la colère? Qu’est-ce qui cause la colère? La frustration! C’est-à-dire, un déséquilibre dû à une insatisfaction : un besoin non-insatisfait, un désir non-comblé, une attente sans réponse, voire un caprice sans le résultat escompté. 

Stratégie cognitif à développer chez la personne ;
1.    Identifier les situations où il devient colérique;
2.    Identifier précisément dans ces situations l’élément déclencheur commun;
3.   Identifier dans chacune de ces situations s’il réagit d’un besoin non-satisfait, d’un désir non-comblé, d’une attente non répondu ou d’un caprice sans le résultat escompté; 
4.    Vérifier s’il croit que son comportement colérique est positif ou négatif; Qu’il s’explique;
5.    Vérifier ce qu’il cherche à combler par son comportement colérique;
6.    Vérifier ce qu’il cherche à obtenir par son comportement colérique;
7.    Amener la personne à explorer l’origine de ses comportements pour mieux comprendre leur sens, leurs fonctions;
8.    Vérifier s’il croit qu’il y aurait une manière socialement acceptable pour combler ce besoin ou de répondre à ses attentes ou de satisfaire son désir;
9.    Qu’il énumère un ensemble de moyens (ou si l’on veut des actions ou des comportements) qui pourrait l’aider à obtenir ce qu’il cherche.
10.   Vérifier s’il se sentirait capable de renoncer à ce besoin; Qu’il s’explique;
11.   Qu’est-ce qui fait obstacle à cette renonciation;
12.   Aider la personne à évaluer les gains à renoncer à l’utilisation des moyens violents que cette personne utilise en suscitant une ambivalence.


Pour susciter cette ambivalence, on utilise la méthode de la balance décisionnelle, technique proposé par Janis and Mann (1977). Il faut comprendre que la résolution de ce problème de violence n’est pas chose facile tant que la personne ne réalise pas qu’elle a un problème.  Seulement 10 à 15% qui ont un problème reconnaissent le besoin de passer à l’action tandis que le reste des gens sont aux stades de pré-contemplation ou contemplation  (http://commentdire.fr/diapotheque/Entretien_motivationnel_diapo2006.pdf.) 

*La façon dont se manifeste la colère dépend de la façon dont on la conçoit et comment on la verbalise.  Elle peut être soit positive ou négative, selon ce qu’on en fait : positif lorsqu’on dénonce une injustice ou à surmonter une difficulté; négative lorsqu’on passe à la violence.     Tout intervenant saura que l’un des enjeux très importants sera d’aider la victime à ne plus se sentir comme une victime et de l’amener à regagner du pouvoir sur sa vie.  Le processus risque d’être plus ou moins facile selon les capacités de cette personne à s’ouvrir, s’exposer, développer des habiletés, entres autres l’habileté d’affirmation de soi. Par contre, la tâche risque d’être plus difficile pour aider la personne violente, car souvent on fait face à une résistance plus importante.  

La résistance est un autre enjeu important à travailler avec la clientèle, avant même de pouvoir être en mesure de pouvoir travailler les comportements violents.    Il y a résistance devant l’inconnu, devant tout changement, devant la peur qu’occasionnent l’inconnu et le changement.  Changer implique une certaine renonciation à son identité présente, une renonciation à une partie de soi-même, c’est-à-dire, de son SOI.  

(Note : Il est important de nommer que le syndrôme d’aliénation parental a longtemps été critiqué par les instances juridiques et les organisations professionnelle tant au Canada, qu’au Etats-Unis et ailleurs.  Toutefois, sans toutefois accepter le concept dans son ensemble, le nouveau DSM-V semble l’introduire dans le concept d’abus psychologique où on observe la définition suivante : « acte verbal ou symbolique non-accidentel d'un parent ou d'un tuteur de l'enfant qui entraîne, ou peut potentiellement entraîner une séquelle psychologique significative à l'enfant . »

​Liste de Référence

Bendura, A. (2003).

Beaudoin I., (2006) Le recours à la violence relationnelle est-il associé aux mêmes habiletés sociales lacunaires que le recours à la violence physique chez les adolescents et les adolescentes judiciarisés?  Université de Montréal, Mémoire de Maîtrise

Janis et Mann (1977).


Richard. A. Gardner, http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d'ali%C3%A9nation_parentale


Richard A. Gardner (March 1998). The parental alienation syndrome: a guide for mental health and legal professionals. Creative Therapeutics. ISBN 978-0-933812-42-0. Retrieved27 November 2011.


Prochaska & Di Clementi, (1982).